Début du Brexit: quels changements pour les entreprises ?

Voté en 2016, par un référendum anglais, le Brexit représente la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Depuis le 1 janvier 2021 de nouvelles règles d’échanges et de circulation sont mise en place entre les deux acteurs. Malgré un accord commercial trouvé le 24 décembre 2020, de nombreux changements restent à prévoir pour les entreprises françaises.

Selon une étude Euler Hermes, la France est le troisième pays le plus touché par le Brexit. Les pertes s’élèvent à 1,9 Milliard d’euros en exportation. Les secteurs les plus touchés semblent être : l’agroalimentaire, l’automobile, les biens de consommation et industriels, l’industrie chimique, et l’aérospatiale. L’accord permet aux deux parties de maintenir des échanges sans quotas ni douanes malgré l’entraînement de certaines modifications. 

Selon les chiffres du trésor, les Britanniques seraient les sixièmes clients de la France avec 33,6 milliards d’euros d’exportations. Ils sont également les 7ème fournisseurs avec 21,1 milliards d’euros d’importations. Le Royaume-Uni est le premier excédent commercial de la France. Le Brexit aura forcément des conséquences sur l’économie française.

Cet accord de libre-échange, indispensable pour les entreprises françaises installées au Royaume-Uni, ne sera sûrement pas suffisant. Il leur est maintenant difficile de continuer leurs activités commerciales comme avant. 

Le Brexit se traduit principalement par le rétablissement des formalités douanières. Il est suivi aussi des contrôles sanitaires, des déclarations de TVA et du respect des nouvelles normes. Il existe environ 3300 entreprises françaises au Royaume-Uni, elles représentent 370 000 emplois. 

Le Brexit impacte les entreprises françaises sur les chaînes de logistiques, les financements, les ressources humaines, les réglementations, la fiscalité…. Cependant à ce jour, nous n’avons pas le recul suffisant pour connaître tous les impacts. 

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Depuis le 1 janvier 2021, il reste des obstacles logistiques. Il faut s’assurer à la frontière du respect des règles de l’accord. Il faut contrôler la conformité aux normes techniques, les règles d’étiquetage et les règles d’origine, les normes sanitaires… Cela pourrait retarder les échanges et ajouter des frais pour les entreprises. Avant le Brexit, 8000 camions européens entraient dans l’espace britannique sans formalités douanières. 500 camions étrangers en faisaient l’objet par jour. Aujourd’hui, ce sera donc plus de 8000 camions qui devront remplir des formalités douanières. Il faudra donc adapter les structures douanières des deux côtés de la Manche. 

Les fusions et acquisitions et les investissements des deux parties sont également touchés. En effet, le Royaume-Uni premier bénéficiaire des IDE. Sa présence et son accès aux marchés de l’UE sont des atouts importants pour la sécurisation de ses investissements. La perte de ses avantages rendra probablement le Royaume-Uni moins attractif qui laissera place à la France.

Les ressources humaines également impactées par le Brexit. La mise en place de contrôles frontaliers peut avoir un impact significatif sur les entreprises françaises. Notamment celles qui réalisent des opérations transfrontalières au Royaume-Uni. Comme il ne fait plus partie de l’Union Européenne, le Royaume-Uni peut modifier ses lois concernant le droit du travail. Les entreprises françaises devront y être attentives. 

La sortie du Royaume-Uni de l’UE signifie également un changement de la fiscalité. De nouvelles taxes pourront être mises en place. Il en va de même avec des prélèvements libératoires sur certains paiements entre les entreprises françaises et britanniques. Le Royaume-Uni a également signalé pouvoir utiliser la fiscalité pour chercher à protéger sa position concurrentielle après la sortie.

Les réglementations également touchant des deux côtés de la Manche. Les entreprises européennes au Royaume-Uni pourront être en désavantages compétitifs. Uniquement si le pays venait à poursuivre une politique d’appel d’offres “Buy British”. C’est également le cas pour les entreprises britanniques présentent dans l’Union Européenne qui ne bénéficieront plus des avantages qu’elles avaient. 

Nous pouvons dès à présent voir un déplacement de la City (quartier financier de Londres). Ce déplacement se fait au profit de villes européennes telles que Paris ou Madrid. D’après la banque américaine JP Morgan, 70% du secteur financier britannique sera impacté par le Brexit. Il en ressort aussi que près de 10 000 postes seront transférés au sein de l’Union Européenne.

La City est une plaque tournante importante de la finance mondiale. Pour l’économie du Royaume-Uni, son avenir reste incertain. Malgré un accord commercial de plus de 1200 pages, le côté financier est peu évoqué. Il représente environ 150 millions de livres par an.  Les deux parties espèrent arriver à un accord d’ici le début du printemps pour la coopération de leurs services financiers. La City a déjà perdu son accès au marché européen. Sa capacité à générer des affaires au sein de l’Union Européenne dépendra désormais de l’accord conclu. L’UE souhaite que le Royaume-Uni maintienne son alignement avec elle.  

Le Brexit aura un impact important sur l’économie, le chômage et le tourisme anglais. En effet, le pays attirera moins d’investisseurs, pourra plonger dans une récession et dans une hausse importante du chômage. La mise en place d’un visa pour les citoyens européens entraînera une baisse de tourisme fulgurante dans les prochaines années. 

Quel côté de la manche est le plus perdant ? Nous ne disposons pas d’assez d’informations pour avoir cette information. Il est encore trop tôt, mais nous pouvons d’ores et déjà avoir une idée. 

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