Le shadow banking où la face cachée de la finance

Le shadow banking est un terme qui n’inspire pas de prime abord la confiance et dégage une image négative. Pourtant cette finance parallèle, aussi appelée finance grise ou finance de l’ombre, ne connaît pas la crise, bien au contraire. 

Pour rendre le terme un peu plus présentable, le G20 a instauré un Conseil de stabilité Financière (CSF) et qui redéfinit la notion de shadow banking en « intermédiation financière par des non-banques ». Comme en France, nous ne faisons pas tout comme tout le monde, nous avons créé un Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) qui est chargé d’analyser l’avancée de la finance grise dans le pays.

Ce point sémantique étant fait, que se cache-t-il derrière ce terme ? Pourquoi, malgré les nombreuses crises financières, ce type de finance existe toujours ? Quel est son poids sur l’économie nationale et mondiale ? Quels pays y ont le plus recours ? Quels en sont les risques aussi bien de la réguler plus fortement que de la laisser sans plus de vigilance ?

Le shadow banking est apparu aux Etas-Unis dans les années ’70 et a connu un réel essor dans les années ’80 avec la libéralisation des marchés financiers. Loin d’être illégale, cette pratique regroupe tous les intermédiaires financiers qui ne sont pas dans le système bancaire traditionnel, mais qui participent malgré tout au financement de l’économie mondiale. Pour être plus précis, il s’agit essentiellement de banques d’affaires, de fonds de titrisation, de hedge funds, de fonds de pensions, de fonds monétaires mais aussi de sociétés d’affacturage ou les plateformes de crowfunding, de crowdlending ou de crypto-monnaies ou encore les trusts de gestions d’actifs.

Tous ces intermédiaires ne sont pas soumis aux mêmes règles de fonctionnement que les banques traditionnelles. Ils ne peuvent pas recevoir de dépôts des particuliers. Leur outil principal est le crédit. Comme leurs activités ne sont pas définies de manière claire, il est très difficile d’en définir les contours.

De part leur régulation, les banques ne peuvent pas répondre aux besoins de financement des particuliers, des investissement et aussi des emprunteurs. C’est pour cette raison qu’elles font appel à ces intermédiaires. Pour cela, les banques les sollicitent afin de transformer leurs sources de financement en actifs. Ce mécanisme peut opérer de plusieurs manières différentes. Dans un premier, il consiste à utiliser des effets de levier pour augmenter la rentabilité des capitaux propres de la banque en ayant recours à l’endettement. Il peut aussi se mettre en place au moyen de la liquidité par le financement d’actifs illiquides. Enfin, la banque peut assumer le risque à la place de ses déposants ou de ses créanciers. La banque bénéficie d’un certain nombre de garanties dues à sa régulation définie par le comité de Bâle.

Il reste très difficile d’établir le poids réel du shadow banking que ce soit en France ou à l’étranger vu qu’il n’existe pas de cadre ou de définition claire de cette activité. Malgré tout le CSF a estimé en 2017 que ce marché représentait 92 000 milliards de dollars soit un quart du total des actifs financiers mondiaux. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la zone euro mais aussi la Russie, la Chine et l’Inde voient l’importance du shadow banking augmenter de plus en plus.

Son importance justement pose un problème essentiel sur les risques et les sources d’instabilité. En effet, son offre repose sur l’usage du crédit pour encourager la consommation et doper la croissance. Cela dit, les intermédiaires financiers n’ont aucune garantie de stabilité bancaire. En cas de perte d’investissements, il n’existe pas d’indemnités. En cas de faillite, il n’y a pas de possibilité de refinancement par une banque centrale. De plus, à cause de son manque de transparence, des risques de paniques peuvent se produire et entraîner dans leur chute non seulement les acteurs du shadow banking, mais aussi les banques traditionnelles comme ce fut le cas en 2007 avec la crise des subprimes.

Pour limiter tous ces risques, le CSF souhaite mettre en place un certain nombre de mesures parmi lesquelles la mise en place de seuils de remboursement en cas de crise ou la limitation de la probabilité des liquidations massives sur les fonds monétaires. De plus, afin d’anticiper les risques systémiques, le comité de Bâle veut garantir un niveau minimum de capitaux propres.

Si vous souhaitez avoir plus d’informations sur le shadow banking et que ce sujet vous intéresse, CapexFi, cabinet de conseil en finance et management de transition, peut vous aider en vous proposant de vous faire accompagner par nos experts. Ils sauront vous guider vers les choix le plus aboutis correspondant à vos besoins.

En tout cas, nous n’avons pas fini d’en entendre parler.

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