La gouvernance d’entreprise, vers un modèle européen

Le terme de gouvernance est apparu dans les années ’90s en France. Il concernait, dans un premier temps, la sphère étatique et s’est étendu dans le temps au monde de l’entreprise. Il évoque principalement les relations entre une entreprise et ses actionnaires et veille à respecter l’intégrité et la transparence des informations et des pratiques financières dans une entreprise.

Depuis de nombreuses années, deux modèles de gouvernance s’opposent. L’un venu des Etats-Unis et l’autre plutôt des pays d’Asie et de la Chine. Entre ses deux modèles de gouvernance est-il possible de mettre en place un modèle européen ? Sur quelles valeurs, sur quels éléments communs pourrait-il reposer ?

Le système de gouvernance à l’américaine est plus orienté sur une économie de marché visant à satisfaire les actionnaires, où l’individualisme prime. C’est d’ailleurs, le système le plus répandu dans les entreprises européennes et française en particulier. L’objectif est de rendre des comptes aux actionnaires et si possible des comptes positifs afin qu’ils soient satisfaits et continuent à investir dans l’entreprise et éventuellement à investir plus.

Le modèle chinois ne repose pas sur le rôle des actionnaires, mais plutôt sur celui de l’Etat, héritage ancestral et culturel. La main mise de l’Etat dans les prises de décisions et dans le développement économique des entreprises. L’Etat apparaît comme le centralisateur des décisions et des intérêts des entreprises.

Ballotée entre ces deux modèles de gouvernance, l’Europe peut inventer son propre modèle avec ses propres valeurs. Il est vrai que les temps changent et évoluent. Uniquement orienté sur la valeur financière auparavant, les business models ont tendances à évoluer et ainsi passer du capital financier au capital humain, environnemental de l’entreprise.

La valeur clé du modèle de gouvernance européen repose non pas sur les actionnaires ou l’Etat mais sur la réciprocité. Chaque partie impliquée apporte sa contribution au développement de l’entreprise. Chaque partie a un intérêt à ce que l’entreprise poursuive sa croissance.

Sur le papier, l’idée est intéressante et la notion de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) prend tout son sens même si les contours en sont, pour l’instant, difficiles à définir et encore un peu obscure pour les salariés. Le chantier est énorme ainsi que les implications en termes d’image pour les entreprises qui la mettent en place.

Pour en revenir à la création d’un modèle européen de gouvernance, il semble que les entreprises européennes aient un certain nombre de points communs qui permettent de le mettre en place. En effet, selon une étude récente, prés de 30 % des entreprises européennes sont familiales contre même pas 10% aux Etats-Unis qui n’ont en revanche au capital provenant de fonds publics alors qu’ils représentent 17% en Europe.

De plus, au niveau du conseil d’administration, les représentants du personnel sont présents dans les 2/3 des entreprises françaises (et peuvent aller jusqu’à 90% au Danemark) contre une présence nulle et inexistante aux US et au Royaume-Uni. Autre chiffre intéressant qui ressort, dans les grandes entreprises européennes il existe un comité en charge de la mise en place de la RSE (à hauteur de 40%) contre seulement 27% aux US.

Le modèle de gouvernance européen a donc toute sa légitimité. D’autant plus que de nombreuses entreprises américaines et non des moindres mettent en place une RSE au sein de leur entreprise. On parle d’entreprises comme Amazon, Apple, General Motors, Pepsi ou encore JP Morgan. Elles sont près de 200 à vouloir intégrer une mission sociale, ce qui est une véritable révolution dans l’univers libéral américain.

La gouvernance européenne peut se montrer comme la voie à suivre dans les années à venir. Cela dit, est-il possible de mettre en place un modèle unique. La réponse est compliquée. Chaque pays européen a ses propres objectifs et sa propre histoire. Ainsi, il s’avère difficile de concilier l’Allemagne très orientée sur les entreprises familiales et l’Irlande qui compte sur son territoire bons nombres d’entreprises américaines grâce à sa politique fiscale.

Comme le dicton le dit : « Paris ne s’est pas fait en un jour ». Il en va de même pour le modèle de gouvernance européen. L’idée centrale reste la réciprocité et l’investissement de chaque partie dans l’évolution de l’entreprise. Les modalités de mis en place peuvent varier d’un pays à l’autre tant que l’humain reste au centre des débats.

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En tout cas, nous n’avons pas fini d’en entendre parler.

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