Faut-il de nouveau internaliser la production ?

Face à la crise, les entreprises réalisent que leur production est trop éloignée. Lors du confinement, beaucoup de pays ont souffert de retard de livraison ou encore d’arrêt de production dans les pays où ils externalisent. Dans un élan de solidarité et de patriotisme, beaucoup se demandent s’ils ne devraient pas internaliser leur production.

La pandémie du Covid-19 a notamment permis aux entreprises de voir leurs faiblesses et leur dépendance aux manufactures asiatiques moins coûteuses. D’après un rapport de l’Economist Intelligence Unit, la pandémie inverserait la mondialisation et accélérera le passage aux chaînes d’approvisionnement régionales.

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Acceptée par l’Organisme Mondiale du Commerce au début des années 2000, la domination de la Chine n’a cessé d’augmenter et a créé la dernière vague de mondialisation. En effet, les entreprises profitent des opportunités de production à bas prix. Cependant, de nombreux secteurs, tels que les produits pharmaceutiques, l’agriculture et l’énergie, ont subi énormément de pertes pendant le confinement. Les problèmes de logistique et de fabrication ont impacté leurs chaînes d’approvisionnement. La crise du Covid-19 a mis en évidence la fragilité et les failles de l’externalisation. Caractérisées par les interdépendances entre les entreprises et leurs fournisseurs situés sur d’autres continents.

Pour les pays fournisseurs, la relocalisation pourrait avoir de nombreuses conséquences économiques et sociales. Cela entraînera certainement des crises financières pour eux. La Chine, principal centre de fabrication au monde, est menacé par la relocalisation. 

Il existe des aides étatiques visant à encourager les pays à la relocalisation. Internaliser permet d’avoir une meilleure qualité de produits, d’encourager la création d’emplois en produisant localement. Ces derniers mois, beaucoup d’entreprises cherchant à maintenir leurs activités en Asie se sont tournées vers les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (ASEAN).

En effet, le Viêtnam a repris une grande partie de la capacité de fabrication que la Chine a perdue. Le pays a signé de nombreux accords commerciaux internationaux et investi considérablement dans l’infrastructure industrielle au cours de la dernière décennie. Le Viêtnam a connu une augmentation de la fabrication de textiles et de vêtements, entre autres industries. Une considération supplémentaire est que les coûts de main-d’œuvre sont environ 50 % inférieurs à ceux de la Chine.

Depuis l’épidémie, la France a connu une pénurie de médicaments et de masques. Celle-ci est aujourd’hui en pleine réflection sur l’internalisation des productions de ses entreprises. 

En effet, internaliser permettrait de réduire la dépendance industrielle française, l’impact carbone de la consommation, sauvegarder et créer de l’emploi. 

Selon l’INSEE, la France produit 36% des produits manufacturés avec 16% d’agroalimentaire. 

Face à la crise et aux pénuries, les entreprises se sont mobilisés pour soutenir les soignants et les collectivités dans la lutte contre le virus. De nombreuses entreprises du textile et de lingerie ont fabriqué des masques ; des entreprises spécialisées dans les articles de sport, l’automobile ou l’aéronautique se sont mises à fabriquer des respirateurs artificiels. Des fabricants d’alcool ont également redirigé leur production pour fournir du gel hydroalcolique en grandes quantités.

Cet élan de solidarité démontre qu’il est possible de fabriquer en France des produits.

Cependant à quel prix? 

Internaliser coûtera aux entreprises beaucoup d’argent, ce qui augmentera les prix des produits. 

Les français sont-ils prêts à payer plus cher leurs produits “Made in France”? 

Ils sont 42% à penser que les entreprises françaises doivent ramener toute leur production et usines en France, selon un sondage de l’agence d’études Kantar, et ils sont 75% à se dire prêts à payer plus cher pour acheter français. Les faits sont plus ambigus.

Il serait cependant peut être plus judicieux de délocaliser leur production dans des pays plus proches de la France. Même si les pays de l’ASEAN sont des alternatives attrayantes pour certaines entreprises, d’autres ont fait part de leur intention de rapprocher leur production.

Pour les pays européens, les pôles de fabrication existants au Maroc, en Tunisie et en Égypte pourraient être considérés comme des destinations compétitives pour les entreprises industrielles à la recherche d’une base de production à l’étranger. Avec des liens commerciaux bien établis avec les marchés européens, le Maroc en particulier est une proposition intéressante. Le pays salué internationalement pour sa réponse au coronavirus, a grâce à sa capacité industrielle produit des fournitures médicales et des équipements de protection individuelle très demandés.

La décision de délocaliser dans un autre pays s’accompagne d’une série de défis. Des analystes suggèrent que l’exode sera moins important que prévu. La Chine perdra sûrement une partie de son marché, mais restera probablement le principal centre de fabrication. 

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